GRENOBLE : Les cimetières se préparent à une transition funéraire plus écologique
À l’approche de la Toussaint, la Ville de Grenoble présente les évolutions engagées dans ses deux cimetières, Saint-Roch et le Grand Sablon. Face au manque de places, aux enjeux d’entretien et aux effets du changement climatique, la municipalité souhaite faire évoluer les pratiques funéraires. Un nouvel espace d’inhumation naturelle sera notamment inauguré le lundi 16 novembre 2026 au cimetière Saint-Roch, à l’occasion d’une journée consacrée aux rites et aux pratiques funéraires.
Des places supplémentaires face à la saturation des cimetières
La gestion des cimetières représente un défi croissant pour la Ville de Grenoble. Les deux sites municipaux, Saint-Roch et le Grand Sablon, couvrent respectivement 13 et 6 hectares. Ensemble, ils comptent 22 kilomètres d’allées, près de 26 000 concessions et plus de 1 100 cases en columbarium.
Pour retrouver des emplacements disponibles, la municipalité a engagé une politique de reprise des concessions arrivées à terme ou perpétuelles laissées à l’abandon. Depuis 2022, près de 1 300 emplacements ont ainsi été récupérés. Selon les chiffres communiqués par la Ville, le nombre d’emplacements disponibles est passé de 74 en janvier 2020 à 962 en septembre 2026, dont 150 destinés à l’inhumation naturelle.
L’évolution des pratiques funéraires conduit également la municipalité à développer les équipements dédiés aux urnes après crémation, avec l’installation régulière de columbariums et la création de jardins du souvenir.
Végétalisation et biodiversité au cœur des aménagements
Au-delà de la question des places, Grenoble souhaite transformer ses cimetières en espaces davantage végétalisés, capables de mieux résister aux fortes chaleurs et de favoriser la biodiversité.
La Ville indique avoir cessé d’utiliser des produits phytosanitaires dans ses cimetières dès 2010. Des allées sont progressivement enherbées et des plantations sont réalisées pour réduire la place des surfaces minérales. Au Grand Sablon, 1 496 m² ont déjà été végétalisés. Des nichoirs pour oiseaux et chauves-souris, des spirales à insectes et des haies sèches ont également été installés.
L’entretien mobilise des moyens supplémentaires : le budget municipal consacré à ces opérations est passé de 60 000 euros en 2021 à 150 000 euros depuis 2025. Cette hausse accompagne notamment l’augmentation des surfaces à entretenir après la reprise de concessions.
Un autre projet prévoit la création d’un espace de recueillement abrité par des panneaux photovoltaïques. Il doit permettre de produire de l’énergie tout en offrant aux visiteurs un lieu ombragé et protégé des intempéries.
Un nouvel espace d’inhumation naturelle inauguré le 16 novembre
La prochaine étape se déroulera au cimetière Saint-Roch, avec l’inauguration d’un espace d’inhumation naturelle de 2 115 m². Situé au cœur du cimetière historique, cet aménagement prévoit notamment la désimperméabilisation de l’allée principale, la plantation de onze arbres et la création de prairies fleuries. La Ville envisage ensuite d’étendre ce dispositif à l’ensemble de l’hémicycle de Saint-Roch.
L’inhumation naturelle repose sur des pratiques visant à limiter l’impact environnemental : cercueil en bois non traité, absence de soins de thanatopraxie, vêtements en fibres naturelles et inhumation en pleine terre, sans monument funéraire traditionnel, mais avec une stèle en matériau naturel.
Cette inauguration aura lieu dans le cadre de la quatrième Journée des transitions funéraires, organisée le lundi 16 novembre 2026 au Minimistan, de 8h30 à 16h. Conférences, échanges et débats doivent permettre d’aborder l’évolution des rites, les pratiques funéraires et la place des cimetières dans la société. L’inscription à cette journée est obligatoire sur le site de la Ville de Grenoble.
En parallèle, le marché aux fleurs de la Toussaint se tient jusqu’au lundi 2 novembre 2026, de 8h à 18h, devant les cimetières Saint-Roch et du Grand Sablon. Des horticulteurs de l’agglomération y proposent des fleurs de saison.
Maxime PERES, Journaliste de Radio RKS // Image par Auriane POILLET - Ville de Grenoble.