ISÈRE : La Noix de Grenoble fait évoluer ses règles avec une nouvelle variété et des mesures pour l’environnement
L’AOP Noix de Grenoble fait évoluer son cahier des charges. La filière, qui bénéficie de cette appellation depuis 1938, accueille désormais une nouvelle variété de noix : la Fernor. De nouvelles règles concernant la plantation et l’entretien des vergers sont également mises en place pour mieux prendre en compte les enjeux environnementaux et les changements climatiques.
La Fernor rejoint les noix de l’appellation
Cultivée depuis près de 30 ans dans la région, la Fernor peut désormais entrer officiellement dans la production de l’AOP Noix de Grenoble. Cette variété est notamment présente autour de Saint-Marcellin, Tullins, Poliénas, mais aussi dans les secteurs des Monts du Matin, de la plaine de la Drôme et du Haut Grésivaudan.
La Fernor se distingue par ses noix de plus gros calibre et son goût moins amer. Son cerneau est aussi plus facile à retirer et se conserve bien. Autre avantage pour les producteurs : l’arbre commence à produire plus rapidement. Il faut compter environ cinq à sept ans pour obtenir les premières productions, contre douze à quinze ans pour certaines variétés déjà présentes dans l’AOP.
Une variété qui peut aider les jeunes producteurs
Avec une production plus rapide et un arbre de taille plus petite, la Fernor présente aussi des avantages pour les personnes qui souhaitent se lancer dans la nuciculture. Elle peut être plantée de manière plus dense et son port plus vertical lui permet de mieux résister à certains épisodes météorologiques.
Pour la filière, cette nouvelle variété doit contribuer à maintenir les volumes de production et à faciliter l’installation de jeunes producteurs. Dans un contexte où les conditions météo deviennent plus difficiles à prévoir, l’objectif est aussi de permettre aux exploitations de rester économiquement viables.
Le nouveau cahier des charges fixe également des règles pour les nouvelles plantations. Les vergers devront être installés à moins de 800 mètres d’altitude et sur des sols présentant un pH d’au moins 6. Ces conditions doivent permettre aux noyers de se développer dans de bonnes conditions. Aucun verger actuellement concerné par l’AOP ne dépasse toutefois cette nouvelle limite d’altitude.
Des règles plus strictes pour protéger les vergers
L’environnement prend également une place plus importante dans les nouvelles règles de l’appellation. L’herbe présente entre les rangées de noyers devra désormais être maintenue toute l’année à partir de la sixième année après la plantation. Cette pratique permet notamment de limiter l’érosion des sols, de favoriser la biodiversité et de mieux retenir le carbone.
La quantité d’engrais azoté utilisée chaque année sera également limitée. La filière souhaite ainsi trouver un équilibre entre les besoins des noyers et la protection de l’environnement. Avec ces changements, l’AOP Noix de Grenoble entend continuer à faire vivre une production présente dans la région depuis plusieurs générations, tout en permettant aux producteurs de mieux s’adapter aux évolutions du climat et aux nouvelles attentes des consommateurs.
Wendy PEPIN, Animatrice de Radio RKS // Image par Lubos Houska de Pixabay.