ISÈRE : 450 000 visiteurs et 38,4 millions d’euros de retombées pour le Tour de France

Le passage du Tour de France en Isère, en juillet 2026, a attiré plus de 450 000 visiteurs venus passer au moins une journée dans le département. Selon une étude commandée par le Département, les quatre étapes de la course et l’Étape du Tour ont généré 38,4 millions d’euros de retombées économiques directes. Des résultats importants, à mettre en regard des dépenses publiques engagées pour accueillir l’événement.

Le Tour de France ne se joue pas uniquement sur les routes. Pour les territoires traversés, la Grande Boucle représente aussi un enjeu touristique, économique et médiatique. En Isère, où la course a fait étape du 22 au 25 juillet 2026, le Département a souhaité mesurer concrètement les effets de cet événement.

L’étude, réalisée par le cabinet SEGAT Impact à l’initiative d’Isère Attractivité, porte à la fois sur les quatre étapes iséroises du Tour et sur l’Étape du Tour, organisée le 19 juillet entre Le Bourg-d’Oisans et l’Alpe d’Huez et ouverte aux cyclistes amateurs.

 

38,4 millions d’euros de retombées économiques directes

Premier enseignement de cette étude : 450 000 visiteurs sont venus passer au moins une journée en Isère pour assister aux épreuves. L’impact économique direct est estimé à 38,4 millions d’euros hors taxes, dont 90 % attribués au Tour de France et 10 % à l’Étape du Tour.

Les retombées concernent notamment l’hébergement, la restauration et les commerces des territoires accueillant la course. Selon les chiffres publiés, les villes-étapes ont concentré 88 % de l’impact économique, notamment grâce à leurs capacités d’hébergement et à l’attractivité des parcours proposés. Les Deux Alpes ont également bénéficié d’une partie des retombées.

L’étude estime par ailleurs que l’événement a soutenu l’équivalent de 174 emplois à temps plein sur une année, dont plus des deux tiers dans les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration.

Ces chiffres donnent une indication de l’activité générée par le passage de la course. Ils correspondent toutefois à un impact économique direct estimé par les auteurs de l’étude, et non à un bénéfice net pour les finances publiques.

 

Quel coût pour les collectivités ?

L’accueil d’un événement de cette ampleur mobilise des moyens humains, logistiques et financiers. D’après le dossier, les dépenses publiques locales engagées pour accueillir le Tour en Isère s’élèvent à 1,7 million d’euros. Cette somme se répartit entre les villes-étapes, les intercommunalités et le Département. À cela s’ajoutent près de 8 000 heures de travail d’agents publics.

En rapportant les retombées économiques directes aux dépenses publiques locales recensées, l’étude avance un ratio de 22 euros de retombées pour un euro public dépensé.

Ce résultat constitue l’un des principaux arguments avancés en faveur de l’accueil de la course. Il convient néanmoins de distinguer les retombées économiques générées sur le territoire des recettes qui reviennent directement aux collectivités : les deux notions ne sont pas équivalentes.

Pour établir son bilan, le cabinet s’est notamment appuyé sur des enquêtes auprès des spectateurs, des données de fréquentation issues de la téléphonie mobile, des questionnaires adressés aux professionnels et un recensement des dépenses liées à l’organisation. Plus de 5 800 réponses ont été recueillies auprès de différents publics et acteurs.

 

Une exposition médiatique importante pour l’Isère

Au-delà des retombées économiques, le Tour a offert au département une visibilité importante. Les quatre étapes iséroises totalisent, selon l’étude, 209 millions d’heures de visionnage. L’étape du 25 juillet, avec une arrivée à l’Alpe d’Huez, a notamment enregistré une part d’audience de 50,5 % en France, soit 5,44 millions de téléspectateurs.

Cette exposition contribue à faire connaître les paysages et les sites du département auprès d’un public national et international. Elle s’inscrit aussi dans la volonté de l’Isère de développer le tourisme à vélo, qu’il s’agisse de cyclisme sur route, de VTT ou de gravel.

L’étude relève enfin que 71 % des Isérois interrogés se disent fiers d’accueillir le Tour dans leur département. Un indicateur qui témoigne de l’attachement d’une partie de la population à cet événement populaire, même s’il ne suffit pas, à lui seul, à mesurer son impact sur le territoire à long terme.

Reste désormais à savoir dans quelle mesure cette visibilité se traduira durablement en fréquentation touristique et en activité économique. Si les chiffres publiés dressent un bilan immédiat favorable, les effets à plus long terme dépendront notamment de la capacité du département à transformer cette exposition en visites et en séjours.

 

Maxime PERES, Journaliste de Radio RKS // Image par Aurélien Breysse - Département de l'Isère.